Bienvenue sur le site de l'association des Amis du Musée d'Art Moderne de Troyes
Amis Musée d'Art Morderne TROYES
Musée d'Art Morderne

barre-rose

En l’espace de quarante ans, Denise et Pierre Lévy ont constitué une collection conséquente de peintures, sculptures, dessins, objets d’art témoignant des grands moments de l’art en France depuis la fin du XIXe siècle jusqu’au début des années 1960. Depuis sa création, le Musée d’art moderne a vocation d’enrichir cette collection par des dons ou des achats afin de compléter ces fonds d’œuvres en apportant de nouvelles pièces d’artistes présents ou absents de la collection rassemblée par le couple Lévy.

Les Dessins

 

André Derain (Chatou, 1880 – Garches, 1954)

Arlequin, 1924

Crayon noir Comté sur papier calque
H. 50 cm ; L. 34 cm
Signé en bas à droite et dédicacé : à Paul Guillaume, A. Derain
MNPL 375

Cet important dessin est une étude préparatoire pour le célèbre Arlequin et Pierrot (Musées Nationaux, donation Walter-Guillaume, D. Sutton, n°61). Le tableau a été exécuté en 1924, à la demande de Paul Guillaume, marchand et ami du peintre à qui le dessin est dédicacé. Dans la composition définitive, la position des jambes est inversée et l’attitude des mains légèrement modifiée.
L’association des deux personnages de la comédie italienne, leur expression dérisoire face au spectateur, la gaucherie et la raideur d’automate qui marquent leurs mouvement déséquilibrés, rappellent trop le tableau de Cézanne, Mardi gras (Moscou, Musée Pouchkine) pour que Derain ne s’en soit pas inspiré, au moins inconsciemment.

Suzanne Valadon (Bessines-sur-Gartempe, 1865- Paris, 1938)

La toilette

Détrempe et pastel sur carton
H. 31 cm ; L. 29 cm
Signé et daté en bas à droite : Suzanne Valadon 1903.
MNPL 1572

Suzanne Valadon, peut-être sous l’inspiration de Degas pour qui “cette diablesse avait le génie du dessin”, a aimé le thème des femmes à la toilette qui lui permettait de disposer ses nus dans des attitudes variées.
L’absence de tout décor, la disposition des personnages en contre-jour; les contours cernés accusent le contraste entre la sensualité des nus et la rusticidé de la gouvernante. Il faut voir dans cette pratique du cerne, non pas seulement une dette  l’égard de l’école de Pont-Aven et de Toulouse-Lautrec, mais aussi une conséquence de sa pratique de la gravure à laquelle Degas l’initia dès 1895.
S’il existe un dessin constituant une étude pour le personnage central (P. Pétridès, n° D. 169), aucune peinture, semble-t-il, n’en reprend la composition.

Maurice Marinot (Troyes, 1882-1960)

Portrait de Pierre Lévy, 1947

Fusain sur papier bulle
H. 50 cm ; L. 70 cm
Daté et signé en haut à droite : 17 mai, marinot
FM 269
MNPL 783

Plusieurs années se sont écoulées depuis la rencontre de l’artiste et du collectionneur, qu’une amitié solide unit désormais. Maurice Marinot a exécuté plusieurs esquisses de Pierre Lévy, mais ce portrait, un des plus achevés, le surprend dans sa méditation, qu’évoque le bras replié soutenant le front, attitude naturelle d’un moment de détente.

Otto Wols (Berlin, 1913 – Paris, 1951)

 

wols-dessinComposition

Dessin gouaché
H. 34 cm ; L. 25 cm
Signé en bas à droite : Wols
MNPL 1576

Cette composition peut se situer entre 1940 et 1942 alors que, libéré du camp d’internement où il séjourna pendant un an, il venait de s’installer à Cassis. Mondes imaginaires, cité lacustre aux multiples tentacules, peuplée d’une faune microscopique, maison-bateau sans fenêtre qui chavire, close à toute intrusion humaine, les images de ce dessin, si elles ne sont point des images du réel sont celles qui affluaient sous les yeux clos de Wols, alors qu’éveillé il rêvait.
« Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses, qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. Voir c’est fermer les yeux. » (Aphorisme, catal. Expo Wols, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 1973-1974, p.22)
Si, du point de vue formel, on a parfois rapproché l’art de Wols de celui de Paul Klee, son dessin automatique, résultat de ses pulsions psychiques, n’appartient qu’à lui.

wols-aquarelleComposition

Aquarelle
H. 14 cm ; L. 19 cm
Signé en bas à droite : Wols
MNPL 1577

En 1942, Wols remonte vers l’intérieur du pays, et s’installe à Dieulefit, au nord de Montélimar, il y reste jusqu’en 1945. Les lettres que Wols adressa à Pierre Lévy témoignent du dénuement le plus complet dans lequel se trouvait l’artiste.
L’image hermétique que forment les larges traînées fluides de cette composition atteste l’hostilité d’un monde dans lequel Wols ne peut s’adapter.