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Amis Musée d'Art Morderne TROYES
Musée d'Art Morderne

Honoré DAUMIER

(Marseille, 1808 – Valmondois, 1879)

D’origine modeste et installé à Paris avec sa famille en 1816, Honoré Daumier s’initie à la peinture auprès d’A. Lenoir qui lui transmit son admiration pour Titien et Rubens, puis fréquente l’Académie suisse. A ses débuts, il se consacre essentiellement à la lithographie et sa notoriété est d’abord liée à sa collaboration à La Caricature, journal s’opposant au gouvernement de Louis-Philippe et créé en 1831 par Charles Philippon. Honoré Daumier devient le  porte-parole des féroces attaques qui lui valent une série de condamnations.

L’année suivante, il réalise une série de quarante-cinq bustes caricaturaux en argile commandés par Charles Philippon  et qui attentent de sa capacité à utiliser différentes techniques. En 1834, après la publication de ces lithographies les plus violentes, la censure supprime La Caricature qui toutefois reprit immédiatement après sous un nouveau titre Le Charivari. Cependant, durant les deux années 1836-1838, le peintre se limite à la caricature de mœurs, rendant célèbre le personnage de l’escroc Robert Macaire et porte un regard implacable sur la bourgeoisie et la magistrature. Il revient à la caricature satirique avec l’avènement de la République puis du Second Empire, dont il symbolise les vices et les défauts.

Ami de Corot, T. Rousseau et Jean-François Millet, il se consacre à la peinture vers 1860. Il traite dans cette technique des thèmes tirés de la vie des milieux humbles et des scènes de rues ou de gares où les tonalités chaude s’harmonisent dans un clair-obscur profond et sombre. Après 1860, il tombe dans la misère et vers la fin de l’année 1866, il s’installe à Valmondois. En 1868, ses amis organisent une rétrospective de son œuvre.
L’art de Daumier rend compte de la condition humaine d’une façon qui va bien au-delà du réalisme. Ses compositions se distinguent par un grand sens de l’équilibre des masses, soulignées par de puissants effets de clair-obscur, sur scansion affirmée et une facture riche et rapide. Les derniers tableaux de l’artiste se rapprochent toujours plus de Fragonard, une passion de ses années de jeunesse par leur trait large et léger ainsi que par les tons clairs et à peine voilés.

(Emmanuel BENEZIT, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays par un groupe d’écrivains spécialistes français et étrangers, [Paris],  Gründ, 1976)

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